C’est Roy Goodman lui-même qui rappelle ce point de sa propre légende. Au printemps 1963, du côté de Cambridge en Angleterre, il rentre en vitesse du terrain de rugby où il vient de disputer un match. Il rejoint la chapelle du King’s College et son chœur, pour une séance d’enregistrement du « Miserere » de Gregorio Allegri (1582-1652). Celui qui dirige la chorale, David Willcocks (1919-2015), le charge instantanément d’un solo, dans le méta-monde du contre-ut. Roy Goodman a alors 12 ans, il est soprano (treble). Sa prestation d’alors fait toujours référence. Pour tout dire, elle est comme un rayon d’or d’une pureté absolue, grimpant à la verticale avec une justesse tout à la fois cristalline et sidérante. La disposition des microphones, supervisée par Willcocks, n’est pas pour rien dans la fraîcheur du son que l’on peut toujours écouter aujourd’hui. Ce solo est un addendum qui ne figurait pas dans la version originale. Celle que Mozart traduisit de mémoire après une seule écoute, selon une légende non contestée. L’apport est dû à une tradition chorale anglaise datant du 19e siècle. Cette mise en bouche s’explique parce que la Chapelle royale du Château de Versailles, a prévu de donner un « Miserere » traditionnel, le 18 novembre prochain, sous la direction de Vincent Dumestre. A priori sans solo. Continuer la lecture
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